D'AUTRES TECHNIQUES POUR FACILITER L’EXPRESSION DES ÉMOTIONS ET LA COMPRÉHENSION DES BESOINS (ARTICLE 9/10)

29 décembre 2017, Linda Bérubé

D'AUTRES TECHNIQUES POUR FACILITER L’EXPRESSION DES ÉMOTIONS ET LA COMPRÉHENSION DES BESOINS (ARTICLE 9/10)

Proposer la transition familiale comme une histoire commune à laquelle s’identifier.

 

Il est important que le médiateur rappelle aux parties qu’ils sont en changement, que le passé n’existe plus, que le futur n’est pas encore là et que cela peut être pour les deux, source de peur et de confusion; que l’avenir dépend des décisions qu’ils prennent aujourd’hui. Le médiateur suggère aux parents que la discussion vise non seulement à trouver des accords, mais à définir la nouvelle forme de relation qui existera entre eux dans le futur et qui leur permettra ou non de continuer à être parents. Parler de garde engendre le positionnement des personnes tandis qu’utiliser le terme de plan d’action parental évoque un accord vivant  qui doit continuer d’être nourri dans le futur. Cette vision commune se concrétisera si et seulement si, l’entente est mutuellement bâtie et non imposée par l’un ou l’autre.

 

Mutualiser  les besoins.

Lorsque l’un des parents exprime que ses enfants ont besoin de lui, le médiateur accepte ce qui est dit et le généralise pour les deux. « Votre fille a besoin de vous deux ». Plus les besoins sont mutualisés, plus il est possible de faire voir aux parties que leurs intérêts se rapprochent. Le médiateur doit repérer dans les discours des parties, le maximum de besoins mutuels et les souligner de façon explicite.

 

Mettre l’accent sur le futur. 

On évite le blâme en parlant du futur, car  on ne peut se plaindre du futur. Il faut  aider les personnes à déterminer où elles veulent aller, plutôt que de décrire d’où elles viennent. Le retour sur le passé est un obstacle fréquent à l’avancement de la démarche. Lorsqu’une personne revient sur le passé, il est important de reformuler ce qu’elle exprime de manière à lui faire envisager une solution future plutôt que de se plaindre stérilement du passé. À un père qui se plaint du fait que la mère l’a toujours empêché de s’occuper de ses enfants, un médiateur qui met l’accent sur le futur plutôt que sur le blâme peut répondre : « Vous souhaitez dorénavant être un père plus présent.  Que pourriez-vous faire pour vous rapprocher de vos enfants dans les prochains mois? ».

 

Créer le doute devant une affirmation.

Créer le doute permet de rappeler  qu’une affirmation constitue un point de vue, mais n’est pas nécessairement LA vérité. Très souvent en médiation, lorsqu’une  personne exprime un point de vue, on le laisse passer sans commenter. Cette façon de faire peut très bien donner à penser à la personne qui a fait l’affirmation que son point de vue est accepté comme étant la réalité. Il ne faut pas attaquer les positions douteuses des parties directement, mais plutôt miner les certitudes. Les questions sont de bons moyens d’ébranler des positions. Lorsqu’une affirmation fait l’objet d’un questionnement, elle demeure ce qu’elle est, un simple point de vue et non une vérité.

 

Demeurer axé sur la tâche et en éviter les discussions hors sujet.

Les questions vagues ou mal définies suscitent la controverse. Il est donc important de faire préciser très concrètement les problèmes présentés, cela aide à diminuer le conflit. Par exemple, à une épouse qui dit à son ex-conjoint qu’il n’était jamais présent à la maison pour s’occuper des enfants, un médiateur pourrait dire : « Comment aimeriez-vous que Monsieur assume son rôle auprès des enfants? Quelles sont les tâches précises qui pourraient lui incomber?


Il arrive également très souvent que les discussions digressent vers des points secondaires sans importance et occasionnent des pertes de temps. C’est toujours le rôle du médiateur de rappeler les parties à l’ordre et de leur nommer la tâche à laquelle ils doivent se consacrer.


 Linda Bérubé,

Travailleuse sociale, médiatrice, expert Meso.