Les atouts du médiateur pour composer avec les déséquilibres de pouvoir sans perdre son impartialité

7 décembre 2016, Linda Bérubé

Les atouts du médiateur pour composer  avec les déséquilibres de pouvoir sans perdre son impartialité

Que ce soit au plan économique, intellectuel, affectif ou juridique, dans la vraie vie, les cartes des participants à la médiation sont rarement distribuées également et des déséquilibres de pouvoir peuvent se manifester à des degrés plus ou moins importants.

 

Le médiateur n'a pas le pouvoir de redistribuer les cartes des participants, mais il peut les aider à les jouer de façon à satisfaire des intérêts de niveaux différents. Comment s'y prendra-t-il pour ne pas laisser le déséquilibre des pouvoirs peser de façon indue sur les résultats de la médiation sans perdre son impartialité?

 

Le médiateur est impartial, mais il n'est pas inactif. Voici quelques interventions qui lui permettent de favoriser l'intégration optimale des pouvoirs en présence tout en préservant son impartialité.

 

      • Le médiateur s'assure, avant d'amorcer le processus, que les personnes ont les capacités minimales requises pour participer activement au processus et qu'elles s'engagent à contribuer selon leurs moyens à la résolution de leur différend.


      • Le médiateur procède à un "screening"  pour déceler la violence conjugale en médiation familiale et adapte le processus en conséquence

 

      • Le médiateur offre un espace neutre où les deux participants peuvent parler et être entendues.

 

      •  Le médiateur, lorsque la situation le nécessite, invite les participants à se faire accompagner par des conseillers juridiques, syndicaux ou autres.

 

      •  Le médiateur assure la communication respectueuse et contrôle le langage abusif.

 

      •  Le médiateur intervient si une partie tente de contrôler le processus.

 

      •  Le médiateur aide les participants à cerner leurs besoins, à les exprimer et à identifier en quoi et comment, ils peuvent contribuer, chacun à leur façon, à la résolution des problèmes.

 

      •  Le médiateur pose des questions pour obtenir des informations complètes.

 

      •  Le médiateur s'assure de la divulgation complète de l'information et demande la remise des pièces justificatives.

 

      •  Le médiateur réfère à des critères objectifs vérifiables: loi sur le patrimoine, barème de fixation des pensions alimentaires, etc.

 

      •  Le médiateur invite les participants à obtenir un avis juridique en cours de médiation si nécessaire.

 

      •  Le médiateur aide les participants à examiner toutes les options et  évite qu'une partie se fasse imposer la solution évidente de l'autre.

 

      •  Le médiateur aide les participants à prendre conscience des personnes qui peuvent exercer un pouvoir en dehors de la médiation.

 

      •  Le médiateur met en évidence les déséquilibres de pouvoir s'il y a lieu.

 

      •  Le médiateur met fin à la médiation s'il sent de l'intimidation ou une soumission excessive d'un des participants.

 

      •  En rédigeant le projet d'entente, le médiateur explique les intérêts et besoins spécifiques et conjoints qui sont satisfaits par l'entente.

 

      •  Le médiateur invite les participants à consulter des conseillers juridiques indépendants avant de signer une entente.

 

Avec le pouvoir dont il dispose, le médiateur est en mesure de faire respecter les règles de la médiation, de contrôler le processus et d'aider les participants à trouver une solution optimale qui correspond au mieux à leurs intérêts et à leurs besoins. Si nécessaire, il peut attirer l'attention sur les multiples manifestations des pouvoirs en jeu et inviter les participants à recourir à des conseils avant de conclure une entente. Il dispose ainsi de plusieurs atouts pour s'assurer que les participants joueront leurs cartes de la façon la plus judicieuse possible dans le respect de l'esprit de la médiation.