Les composantes d’un conflit

30 mars 2017, Jacqueline LaBrie

Les composantes d’un conflit

J’ai eu le plaisir, dans mon parcours de médiatrice, de travailler avec Jean Poitras, professeur au HEC,  une collaboration inoubliable. Il a contribué à donner du sens à la pratique de la médiation par son talent de vulgarisateur. Il sait utiliser les théories les plus complexes traitant entre autres des aspects psychologiques de la médiation pour les intégrer dans la pratique.



Je tiens de lui cette équation que je viens partager avec vous. Elle est simple et des plus  utiles dans la compréhension des conflits dans lesquels nous sommes appelés à intervenir en tant que médiateur.


Conflit = problème + inflation


Deux composantes présentes dans les conflits.


La composante PROBLÈME fait appel à l’aspect rationnel du conflit. Cette partie que nous percevons généralement facilement et qui conduit le médiateur à se centrer sur le résultat et trouver des solutions. C’est la partie raisonnable du conflit. Pour plusieurs, si on a trouvé une solution au problème, que l’on s’est concentré à bien l’identifier et pour lequel une solution a été trouvée : le mandat de médiation a été un succès.



La composante INFLATION fait appel à l’aspect émotif du conflit.  Cette partie du problème est habitée par le jugement et   interpelle notre côté suggestif, nos expériences de vie et nous conduit à juger de la situation avec laquelle on entre en réaction émotive.



L’inflation c’est l’aspect psychologique du conflit. C’est ce que l’on peut aussi appeler les facteurs humains du conflit : la peur de perdre, la peur de l’abandon, le besoin d’être respecté, le besoin d’affirmation de soi, le besoin d’être entendu. Pour plusieurs médiateurs cette partie du conflit appartient au thérapeute. Ils évitent d’y consacrer du temps et même de voir cette dimension du conflit parce que ça ne relève pas leurs compétences.



Pourtant le problème occupe seulement 20% d’espace dans le conflit alors que les facteurs humains occupent  80% de la place.



Alors qu’apporte le médiateur à la résolution du conflit s’il accorde 80% de son attention au problème et 20% au facteur humain. Il joue un rôle de conseiller sans vraiment contribuer à la résolution du conflit. De la même manière s’il reste concentré sur les facteurs humains, il s’est peut-être transformer en thérapeute sans nécessairement  contribuer au règlement du conflit. Généralement le conflit est porteur de ses propres solutions. Il suffit de l’explorer.



Le rôle du médiateur est d’aider les parties en conflit à faire la lumière sur leur conflit en les rendant conscientes par son questionnement des composantes de leurs conflits. Toujours par son questionnement, les amener à créer une nouvelle histoire avec leur situation. Cette démarche induit un travail d’auto règlement du conflit par les parties et dans lequel le médiateur aura joué un rôle de catalyseur.



Le sujet mérite d’être approfondi dans un prochain webinaire traitant de la dynamique relationnelle des parties en conflit.