Les objectifs des questions en médiation

21 février 2017, Nathalie Croteau

Les objectifs des questions en médiation

Les questions sont un outil essentiel pour le médiateur. Il doit toutefois éviter de soumettre l’une ou l’autre des parties à un interrogatoire et poser des questions pour son bénéfice personnel. Poser des questions au bon moment est une compétence à développer. Pour ce faire, il est donc important de comprendre les objectifs des questions en médiation.



Les questions peuvent se poser tant au niveau du sujet des discussions, du processus ou encore du comportement de l’un ou l’autre des participants à une médiation. Les questions ouvertes et simples sont à privilégier. Une question fermée peut être utile pour obtenir une information ou vérifier un comportement.



Il y a quatre grands objectifs[1]. 1-Explorer une situation, réaction ou position 2- Ancrer la partie dans la réalité 3- Développer une pensée critique 4-Orienter la conversation de façon constructive



Voici des exemples de questions selon les objectifs recherchés :


1-      Explorer une situation, réaction ou position

        Comment la situation a-t-elle commencé? Comment en êtes-vous arrivés à cette conclusion?

        Que se passerait-il si cette option était retenue?


2-    Ancrer la partie dans la réalité

        Qu’est-ce qui vous fait dire qu’il est en colère contre vous? Que voulez-vous dire par «je n’aime pas ce genre d’affaires»?


3-     Développer une pensée critique

         Qu’est-ce qui fait selon vous que la situation n’avance pas sur ce sujet? Vous avez dit il y a peu de temps que vous étiez en accord

         pour produire le rapport et vous venez dire que vous ne voulez pas donner le rapport.

         Comment dois-je comprendre votre point de vue?


4-     Orienter la conversation de façon constructive

         Vous avez évoqué tous les deux qu’un changement était nécessaire. Souhaitez-vous le formaliser?

         Aimeriez-vous parler davantage de la situation financière?



Les questions sont utiles, mais votre écoute aux réponses fournies est encore plus importante. Il ne faut pas craindre non plus le silence. Les parties ont parfois besoin de réfléchir à leurs réponses. Le médiateur doit donc éviter de remplir le silence par une autre question. Le silence d’une partie à l’une de vos questions peut également être un signe qu’elle n’est pas prête à répondre à cette question ou qu’elle ne se sent pas suffisamment en confiance pour y répondre ou qu’elle ne sait pas encore la réponse.



Il s’agit ici d’une question de timing de votre question. Il est important de ne pas devancer les parties avec les questions. Les questions doivent servir à aider les parties à progresser dans leur conversation.



Les questions sont donc l’un des outils du médiateur pour favoriser la communication, le sentiment de compétence, l’ouverture à l’autre, l’échange d’idées et la recherche de solutions.


  


[1] Solange Cormier, La communication et la gestion, Sainte-Foy, Presses de l’Université du Québec, 2006